Avec Twitter, le latin retrouve une seconde jeunesse

Chloé Vincent

Qui a dit que le latin était définitivement une langue morte ? Apparemment pas les quelques 205 000 abonnés au compte Twitter en latin du Pape François. Deux ans après le lancement du compte, les chiffres explosent à la surprise du Vatican lui-même. Si, à l’origine, ce compte a été créé pour ravir les derniers adeptes de cette bien vieille langue, il se trouve que son succès dépasse toutes les espérances.

Et, surprise supplémentaire, les nombreux abonnés ne sont pas forcément ceux que l’on croit, les jeunes étant en effet très nombreux. Selon le père Daniel Gallagher, membre du bureau de la Secrétairerie d’État en charge de la rédaction des tweets en latin, beaucoup d’abonnés sont de jeunes personnes : des étuditants et des lycéens principalement.

Les étudiants allemands en tête

En tête, les étudiants allemands, encore très friands de cette langue ancienne. Viennent ensuite les Anglais, d’Oxford et de Cambridge notamment, et les Américains. Mais l’attrait de ce compte ne s’arrête pas là puisqu’il a trouvé des adeptes en Asie, en Afrique et dans le reste du monde.

Pour autant, Isabelle Cogitore, professeur de Langue et littérature latines à l’Université Stendhal-Grenoble III, n’exclut pas “la possibilité que des tweetos marquent leur approbation par principe sans lire le texte (et ce n’est pas propre à des textes en latin)”. Les 205 000 abonnés seraient-ils de grands menteurs jouant aux érudits ? Cette même enseignante nuance toutefois son hypothèse en rappelant que le latin est une langue universelle et que c’est certainement ce principe qui peut séduire les jeunes d’aujourd’hui.

Les tweets en latin, dernière chance de motivation pour les jeunes ?

Une chose est sûre, l’enseignement du latin en France n’est plus au beau fixe. Collégiens et lycéens se dérobent de plus en plus facilement aux cours de latin. Lors de la première année d’enseignement, en 5ème, les latinistes représentent 20,7% des collégiens pour ne concerner que 4,1% des étudiants en terminale. Malgré les efforts constants des professeurs de latin, à base de voyages et de visites diverses, cette option facultative est de plus en plus concurrencée par de nouvelles options plus exotiques. Cours de musique, de chinois ou encore classes bilingues ont pris de l’avance et ont gagné la préférence des familles françaises.

A l’opposé, en Belgique, une drôle d’école s’est imposée dans le paysage wallon. La Schola Nova est une école privée où l’enseignement des langues anciennes est fortement mis en avant. Avec plus de cinq heures de latin par semaine, les Belges sont bien loin de l’enseignement optionnel proposé en France. Passéiste la Schola Nova ? Pas pour son fondateur, Stéphane Feye, qui estime qu’il n’y pas mieux que la fréquentation des grands auteurs de la tradition occidentale pour former les enfants aux défis de la société technologique actuelle.

Pour une langue morte, le latin n’a définitivement pas dit son dernier mot.

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