La jeunesse en France – portrait

jeunesse-en-franceFuyant d’habitude devant les analyses indigestes des spécialistes en tous genres, c’est avec une certaine méfiance que j’ai feuilletée l’avant dernier hors-série poche publié par Alternatives Economiques en partenariat avec l’Injep (Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire) et l’Afev (Association de la fondation étudiante pour la ville). Mais attirée par les titres évocateurs de certains chapitres, j’ai décidé d’acheter le fascicule. Après un plongeon rapide dans la lecture, j’ai dû reconnaître une chose : rien de tel qu’une parole juste d’expert ! Ceux qui ont participé à la rédaction de « L’état de la jeunesse en France » ont réussi à me réconcilier avec le langage « barbare » des scientifiques.

Qui sont les jeunes ? A quelles difficultés font-ils face ? Sommes-nous une génération sacrifiée ? En 160 pages, les auteurs, chiffres clés à l’appui, répondent aux questions qui permettent de comprendre tous les enjeux de la jeunesse française d’aujourd’hui et d’en dresser un portrait le plus objectif possible.

Qui sommes nous ?

Première surprise : selon les enquêtes, nos compatriotes ont une image plutôt positive de notre génération, et celle des jeunes des quartiers dits « difficiles » s’améliore avec le temps. C’est rassurant ! En revanche, nous ne sommes pas une entité homogène. Coupée en deux, la jeunesse française est marquée par un clivage lié au niveau d’études. Ce clivage est visible surtout à travers l’engagement dans la société, beaucoup plus faible pour les moins éduqués d’entre nous, même si globalement nous adhérons tous aux mêmes valeurs de liberté individuelle (mais pas d’individualisme dans le sens « chacun pour soi ») et de tolérance envers les autres.

L’un des résultats des enquêtes menées par les auteurs pose question, surtout comparé aux résultats des mêmes enquêtes auprès de nos homologues européens. Il s’agit de notre confiance dans l’avenir. Les jeunes Français se révèlent particulièrement insatisfaits de leur situation actuelle et particulièrement pessimistes vis-à-vis de leur avenir. Selon les spécialistes, ce malaise viendrait du sentiment de peu de place laissée aux jeunes par la société.

Les stéréotypes mis à l’épreuve

L’étude a également le mérite de tordre le cou à un certain nombre d’idées reçues. La première concerne le concept de génération Tanguy, qui attribue  à notre génération une tendance naturelle à rester au domicile parental jusqu’à des âges très tardifs. L’étude dément cette hypothèse en prouvant que rester chez ses parents tout en gagnant sa vie n’est que très peu représentatif d’un phénomène « français » ou encore moins d’une quelconque norme.

Mais il existe un autre concept concernant la jeunesse qui, selon les auteurs de l’étude, a du plomb dans l’aile. C’est celui de la génération Y, qui définit les 20-30 ans comme individualistes, interconnectés et  réfractaires à l’autorité. Selon la sociologue Cécile Van de Velde, le concept de génération Y ne serait qu’un « miroir déformant » tendu à la jeunesse contemporaine qui, bien que technophile et dépendante des réseaux sociaux virtuels, reste accrochée à la recherche de l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle, devenue une valeur centrale pour toutes les générations.

« L’état de la jeunesse française » n’a certainement pas vocation à devenir un livre de chevet, il reste néanmoins une lecture indispensable pour qui souhaite mieux comprendre la complexité de notre génération.

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